Années les plus chaudes: relativité des classements

Anomalies de température par rapport à la moyenne 1961-1990, selon l'Organisation météorologique mondiale. Doc. OMM

Anomalies de température par rapport à la moyenne 1961-1990, selon l’Organisation météorologique mondiale. A ceux qui seraient tentés de voir une « stabilisation » depuis 1998, ne pas oublier que la température globale n’augmente pas de manière régulière et que l’évolution du climat se mesure sur trois décennies au moins. Doc. OMM.

Plusieurs centres ont leur propre méthodologie pour classer les années les plus chaudes. Leurs différences confirment le principal. On peut établir trois groupes des années les plus chaudes depuis le 19e. Le premier est constitué par les années 2010 et 2005 qui se détachent comme les deux plus chaudes pour toutes les sources, avec environ 0,55°C de plus que la moyenne 1961-1990. Le second est constitué par 7 années autour de +0,5°C, le troisième par les années qui sont plus ou moins à 0,45°C. 9 des 10 années les plus chaudes du 21e siècle appartiennent aux deux premiers groupes.

Attention ! Selon leur provenance, les classements des années les plus chaudes peuvent varier… Pas moins de trois sources fournissent en effet des données scientifiques: le Centre des données climatiques du NOAA (National oceanic and atmospheric administration (1), le Goddard institute for space studies (GISS) de la NASA, tous deux aux Etats-Unis, et le HadCRUT du Centre Hadley du Met Office et de l’Unité de recherche sur le climat de l’Université d’East Anglia, en Grande-Bretagne.

En plus, des synthèses et analyses peuvent émaner d’organismes officiels comme le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) ou l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Résultats: l’année 2013 est classée 4e année la plus chaude par la NOAA et le CEPMMT, mais 6e par le GISS, le HadCRUT et l’OMM… 2002 est classée 6e par la NOAA et le HadCRUT, 4e par le GISS et l’OMM… 2007 est classée 3e par le GISS, 7e par la NOAA, 9e par le HadCRUT, 6e par l’OMM.

En fait, les méthodologies des différents centres… diffèrent, ce qui fait légèrement varier leurs résultats, certains classements se jouant à moins d’un centième de degré. Globalement, dans les différents Top 10, six des années les plus chaudes se trouvent sur des intervalles de 2 à 4/100 de degré (2002, 2003, 2006, 2007, 2009 et 2013), ce qui suffit à faire varier les classements.

Néanmoins, ces apparentes différences confirment le principal: on peut établir 3 groupes pour les années les plus chaudes que nous avons connues depuis le début de l’ère industrielle. Le premier est constitué par les années 2010 et 2005 qui se détachent comme   les deux plus chaudes pour toutes les sources, avec environ 0,55°C de plus que la moyenne 1961-1990. Arrive ensuite, comme l’indiquent du reste James Hansen, Makiko Sato et Reto Ruedy pour le GISS, un groupe serré de 7 années menées par 1998. Elles ont été plus chaudes de plus ou moins 0,5°C par rapport la moyenne 1961-90.

9 des 10 années les plus chaudes du 21e siècle appartiennent à ces deux premiers groupes. Troisième groupe: celui qui est tracté à plus ou moins 0,45°C par les années 2012, 2004 et 2001. Si on l’étire aux années qui ont atteint ou dépassé + 0,30°C, ce groupe contient toutes les années les « moins chaudes » du 21e siècle (2011, 2008, 2000) ainsi que les années 1995, 1997 et 1999, celles qui faisaient parties avec 1998 des « plus chaudes » il y a moins de 15 ans…

On notera également:

– Que les trois années les « moins chaudes » du 21e siècle ont toutes été soumises au phénomène La Nina, potentiellement refroidissant…

– Que les années soumis à un phénomène El Nino, potentiellement réchauffant (1998, 2003 et 2010) ont toutes atteint sinon dépassé +0,5°C par rapport la moyenne 1961-90.

– Que toutes les années neutres en phénomène El Nino du 21e siècle dépasse nettement une augmentation de + 0,4°C par rapport à 1961-90, et que les 2/3 approchent, atteignent ou dépassent +0,5°C.

Etonnant, non ?

(1) Mettant à disposition de nombreuses données et  analyses mensuelles, les données NOAA apparaissent à ce jour les plus pratiques pour un suivi régulier d’où son utilisation ici.

 

Les différents classements

Classement NOAA (augmentation en degrés par rapport à la moyenne 1961-1990)

1– 2010: +0,54°C

2– 2005: + 0,53°C

3– 1998: + 0,52°C.

4– 2013 et 2003: + 0,50°C.

6– 2002: + 0,49°C.

7– 2006: 0,48°C

8– 2009, 2007: + 0,47°C.

10– 2012, 2004: + 0,46°C.

Classement GISS-NASA 

1 – 2010… 0,58

2 – 2005… 0,57

3 – 2007… 0,54

4 – 2002… 0,53

5 – 1998… 0,52

6 – 2003… 0,51

2013… 0,51

8 – 2009… 0,50

2006… 0,50

10 – 2012… 0,47

Classement HadCRUT4

1 – 2010…. 0,55

2 – 2005… 0,54

3- 1998… 0,53

4 – 2003… 0,50

2006… 0,50

6 – 2013… 0,49

2009… 0,49

2002… 0,49

9 – 2007… 0,48

10 – 2012… 0,45

Classement OMM

1 – 2010… 0,56.

2 – 2005… 0,55.

3 – 1998… 0,52.

4 – 2003 et 2002… 0,51.

6 – 2013 et 2007… 0,50.

8 – 2009 et 2006… 0, 49.

10 – 2012… 0,45

 

 

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