CO2: tout un printemps au-dessus de 400 ppm

L’humanité vient de vivre le premier printemps de son histoire avec une concentration de CO2 de plus de 400 ppm à l’observatoire Mauna Loa d’Hawaï, limite symbolique au-delà de laquelle il sera de plus en plus difficile d’éviter un réchauffement supérieur à 2°C depuis le début de l’ère industrielle. La moyenne annuelle de 400 ppm sera dépassée en 2015, année de la conférence climat de Paris dont l’objectif est d’amener le monde à réduire ses émissions de gaz à effet de serre…

Evolution de la concentration de CO2 dans l'atmosphère entre juillet 2013 et juin 2014. Doc. SCRIPPS.

Evolution de la concentration de CO2 dans l’atmosphère entre juillet 2013 et juin 2014. Doc. SCRIPPS.

Planète Terre, 21 juin 2014. Ca y est, nous sommes en été: le printemps qui s’achève est le premier de l’histoire de l’humanité à connaître une concentration de CO2 dans l’atmosphère supérieure à 400 ppm (parties par million) à l’observatoire de Mauna Loa, à Hawaï. Pas une seule journée durant les trois derniers mois n’a connu une concentration inférieure à cette barre hautement symbolique, au-dessus de laquelle il est de plus en plus difficile d’éviter un réchauffement supérieur à 2°C depuis le début de l’ère industrielle, donc les effets les plus cataclysmiques des changements climatiques.

Le record de l’année a été établi le 31 mai avec une moyenne journalière de 402,84 ppm. Les moyennes d’avril et de mai ont respectivement été de 401,30 et 401,85 ppm. Celle de juin se situera également à plus ou moins 401 ppm. Le cap des 400 ppm avait été dépassé pour la première fois en moyenne journalière le 9 mai de l’an passé avec 400,03 ppm. Le record 2013 avait été établi le 26 mai avec 400,53 ppm. Aucun mois et aucune semaine n’avait cependant dépassé en moyenne 400 ppm.

Avec les autres gaz à effet de serre, nous sommes à une concentration d’environ 480 ppm équivalent CO2 dans l’atmosphère

Selon son évolution sinusoïdale, la concentration de CO2 dans l’atmosphère va maintenant diminuer en raison de l’été dans l’Hémisphère Nord, où se trouve la plupart des terres, donc la plupart des végétaux qui pompent à cette saison davantage de dioxyde de carbone. Le minimum de l’année est attendu en septembre – octobre avec 395 – 396 ppm. La moyenne annuelle 2014 se situera quant à elle à 398 – 399 ppm.

Avec une progression annuelle de plus de 2 ppm, il n’y a aucun risque à annoncer que la moyenne annuelle de 400 ppm sera dépassée en 2015. Les 400 ppm seront franchis dès février au plus tard et jusqu’à août. Les seuls mois qui pourraient éventuellement être encore juste en dessous de 400 ppm en 2016 sont ceux de septembre et d’octobre.

Si l’on ajoute à cette concentration de dioxyde de carbone celles des autres gaz à effet de serre (GES), nous sommes à environ 480 ppm équivalent CO2 de concentration de GES. Dans son dernier rapport, le GIEC, Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, souligne qu’il convient d’être à 450 ppm en 2100 si l’on veut limiter le réchauffement à 2°C.

« Pour espérer pouvoir se maintenir à l’objectif d’un réchauffement global de 2°C (par rapport au niveau préindustriel), il faudra d’abord que les émissions de GES commencent à baisser dès 2020, ce dont on est très loin. Il faudra ensuite qu’elles soient divisées par 3 à l’horizon 2050 », précise Jean Jouzel, vice-président du Giec. Elles devront ensuite tendre vers zéro à la fin du siècle. Les négociateurs de la conférence climat de Paris de décembre 2015, dont l’objectif est d’amener le monde à réellement réduire ses émissions de gaz à effet de serre, l’entendront-ils vraiment ?

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